Lundi 14 mars 2005
Deux ans
L’amour prend des proportions inouïes.
Une absence, une retenue, un filigrane en chair comme une morsure
Une complétude, un plein rond et entier, une chaleur sourde comme une caresse
Piou m’a beaucoup donné, mais elle est derrière moi. Ni amie ni sœur si jumelle, elle est cette part de moi qui cherchait, qui se nourrissait de chair et de rêves, voulait toucher du doigt une certaine inquiétude.
Il m’a été donné par brassées de merveilles, de sourires, et d’amour.
Merci.
Commentaires
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le 2005-03-14 10:15:36
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Jeudi 20 janvier 2005
Ailleurs http://delautrecote.blogspot.com/
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le 2005-01-20 17:19:17
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Jeudi 01 avril 2004
De l'eau
De l'eau en suspension, des particules de glace, l'air plein d'une humidité fine qui s'infiltre tout contre ma peau. Toutes ces heures, lourdes de toutes ces minutes, toute cette immobilité muette et ces courants d'air froids. Je suis prise dans une pellicule de glace tendre, dans un désir balbutiant, une amorce de direction. Une vacance de l'esprit en attendant que reprennent le tâtonnement, le dégel et l'eau vive.
Chaque ligne est douleur et application, alors que je sens poindre en moi le moins d'effort, l'aisance et la fluidité qui m'échappent. Comme un filet d'eau qui sourdrait lentement, qui tracerait son chemin dans les profondeurs avant de venir au jour. Ou non. Ou de continuer sa route sans jamais se révéler, charriant tous mes gravats et rochers et amertumes.
J'ai du temps, à perte de vue, comme un ruban de miel qui s'enroule à mes doigts et qui poisse, laissant filtrer une lumière paresseuse.
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le 2004-04-01 08:45:12
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Mercredi 31 mars 2004
A travers le brouillard
Je suis entrée dans une phase obscure de grande frilosité et de grand désir d'écrire. Ces deux mouvements en même temps se heurtent et s'entrechoquent, des petits bouts de phrases s'enroulent dans ma tête sans qu'il me soit possible de les attacher, des dizaines de premières phrases s'entassent au fond des couloirs sinueux qui ne mènent qu'à moi.
Des tours et des détours, encore une fois, qui pourtant me permettent de mieux saisir la saveur de mon oisiveté, de me bercer, enfin, dans la bonne direction : celle de mes envies, de mes aspirations.
Dans quelques semaines commencent les formalités universitaires, synonymes à la fois de soulagement et de fin; depuis quatre semaines je goute au plaisir délicieusement péché de ne mettre mon réveil que pour mieux savourer le lent cheminement de la lumière sur les murs de la chambre.
Ou celui de descendre du métro, trois stations avant mon arrêt, pour pouvoir m'étonner de tout ce que je n'avais pas vu : boulanger, librairie, petit square, et une vie dans la journée qui rappelle celle d'un village.
J'essaie de vivre, un peu, en expurgeant mes colères et mes frustrations dans mes rêves, qui prennent valeur de symboles (et de détournements).
J'essaie d'aimer, un peu, avec le plus d'ampleur que m'octroie tout ce temps libre, tout ce temps pour moi qui rend le temps à deux davantage choisi.
J'essaie d'aimer un peu mieux, de faire coïncider les moments pleins de grâce avec ces aspirations nouvelles et déconcertantes : faire un nid, faire des projets, le voir à perte de vue dans ma vie.
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le 2004-03-31 14:59:54
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Mercredi 10 mars 2004
Mmmmm
Je suis dans un no man’s land. Ou terre de nul homme. Je suis dans un entre deux, café ciel bleu fenêtre ouverte, et les heures qui coulent sans me donner de prise, et toutes ces choses à faire et rien d’autre que ces moments qui s’enchaînent. Il y a des soirs où on sait trop bien où on va. Où tout s’explique, se lie. Il y a des soirs où le seul poids du corps dépasse l’entendement. Et où tout n’est que banal. L’ennui, la peur de l’ennui, cette immobilité galopante qui me rattrape, qui ne fait que me rattraper,
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le 2004-03-10 14:58:42
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Mercredi 25 février 2004
Noeuds
Comme souvent, manque une légère impulsion. Le goût de. Le désir de.
Comme souvent, la perspective des réjouissances à venir n'efface pas tout à fait le malaise, ni l'envie de se recroqueviller dans ses plumes.
Se rouler en boule est une solution temporaire, évidemment, c'est acquis avec l'âge.
Mais restent la brûlure, le manque de sommeil, la marque rouge de l'ennui.
Reste l'impression d'une poussière incrustée dans ma peau, qui ne me quittera pas de longtemps.
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le 2004-02-25 07:52:19
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Lundi 23 février 2004
Un temps d'hiver
Le temps que s'imprime en moi la trace de tes doigts. Avec une subite douceur qui fait glisser le temps. La maîtrise tranquille de sa respiration. La pulpe délicate qui effleure et caresse, souligne par affleurement. Entame un long trajet vers la reconnaissance. D'un pays autre que le sien, plus vaste, plus mystérieux. Une paresse douce, moelleuse, nonchalante.
Dans l'espace où la buée s'élève et retombe doucement, la distance entre nous s'amenuise. C'est ce silence et ce froid, c'est cette lumière sourde qui m'écarquillent les yeux.
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le 2004-02-23 09:56:19
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Vendredi 20 février 2004
Le goût
Il n'y a pas de saveur beaucoup plus tendre que celle de ton cou alors que tu dors, que le goût de tes lèvres à la dérobée, le suave et le piquant mêlés en un étourdissement. Un jour je me suis dit en te regardant "voilà celui qui m'est donné en partage" mais je me suis trompée, tu ne m'es pas donné, juste laissé un instant sous ma garde endormi et toujours à reconquérir.
Je vais mieux, je suis plus solide, j'ai davantage envie d'écrire. Je ne suis ni silencieuse ni dure, mais plutôt volubile et rieuse.
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le 2004-02-20 10:04:00
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Jeudi 19 février 2004
Une vaste couverture de nuages
Il y a des gens qui marchent et des trains qui glissent, une immobilité qui tourne presque au vertige, une distance au sol que j'ai mis des mois à apprivoiser. Il y a, évidemment, des mots pour cette immensité, tout ce ciel à mes pieds, ce vaste horizon donné tout d'un bloc comme un cadeau. Une compensation largement suffisante, à l'étroitesse des esprits.
Un étourdissement croissant, je commence à tomber de fatigue, par pleines poignées. Les yeux lourds. Je m'effrite à moitié, tente de rattraper au vol de sentiment de ratage, de désordres, de morceaux de vie manqués à cause de cette fatigue.
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le 2004-02-19 10:50:35
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Mercredi 18 février 2004
Recommencer, bientôt...
Je voudrais m'abstraire un instant de ce capharnaüm d'idées reçues, de convenience, d'attitudes policées. Ou davantage qu'un instant, plutôt me tourner délibérément vers la difficulté, mais hors du sentier tracé des années en arrière. Je voudrais goûter au plaisir du travail bien fait, comme une amoureuse, avec une exigence et une application que je ne peux pas trouver ici, même en creusant profond dans ma poitrine.
Aujourd'hui je commence à préparer mes adieux, je m'attendais au ni chaud ni froid, je découvre pourtant un léger pincement au cœur devant toutes ces relations inachevées, non commencées plutôt, qui n'aboutiront à rien d'autre qu'à une ligne de CV, Société XXX, février 2003 - février 2004. RIP.
Je découvre aussi le labyrinthe, les méandres de la mesquinerie et des petites bassesses, qui renaissent toujours de leurs cendres et font preuve d'une merveilleuse inventivité dans les formes qu'elles peuvent prendre ici. Tout est si lisse, tout est si bien rangé... Une tour de métal comme une chambre froide, et le vent qui s'enroule autour et hurle à la mort. Des bouchers propres et nets, qui vous classent avec une étiquette dans les bacs appropriés.
Par dessus tout ça se fait sentir, de plus en plus fort, l'envie du sud, du vent de mer qui fouette le visage, de tenir debout droite devant les digues, sentir le sable humide sous mes pieds, marcher dans les champs brumeux autour de la maison, et faire un feu de bois.
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le 2004-02-18 06:25:17
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Mardi 17 février 2004
Manque, mon amour Je commence à le sentir bouger au dedans de moi, ce pinçon acidulé, cette forme mouvante et pointue à la fois, cette douceur brûlure du manque de toi. Manque de toi déjà, à nourrir mes fringales, de ces soirées entières. J'ai envie de te voir...
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le 2004-02-17 10:33:38
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Lundi 16 février 2004
Debout.
Je continue à chercher, je ne suis pas si sûre de ce que je vais trouver. Plus je m'approche, plus je crois voir, de flou, des détails inquiétants, ou une proximité justement qui me dérange.
Je continue à chercher, malgré tout, malgré l'idée d'une trop grande faiblesse qui me ferait hésiter au dernier moment.
Je continue aussi à espérer que les mots me coulent des doigts, enfin, peut être, comme ils coulent dans ma tête sans s'arrêter.
Je continue à te regarder quand tu dors, et à ne pas me résigner au banal, aux habitudes et aux demi teintes.
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le 2004-02-16 09:42:58
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Mercredi 11 février 2004
Notes
Il vient l'idée de devenir, à nouveau, se relancer, se projeter. Je crois de certaines choses doivent rester en mouvement. Que je ne dois pas m'attarder sur moi même.
Après un incident étrange et angoissant, cette nuit, je me sens déphasée, à nouveau. Ces coups de sonnette longs, réguliers, obstinés, au milieu de la nuit. Cet entêtement sourd deviné derrière la cloison, cette angoisse d'un réveil obscurcis par une menace... Et puis aujourd'hui, la découverte d'un site miroir, laissé à l'abandon, d'une femme qui paraît trop proche, même si inconnue. Qui nous lie juste tous les deux sans rien laisser paraître, sans rien dire, sans laisser deviner la connexion nécessaire.
Parfois je me dis que je suis arrivée dans cette réserve de dernière limite, ce sursaut d'énergie qui précède la chute, l'écroulement, ou parfois je me dis que je ne connais pas cette limite, chez moi, et qu'il se pourrait bien que je sois plus résistante encore.
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le 2004-02-11 11:21:59
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Mercredi 11 février 2004
VD's coming...
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le 2004-02-11 05:33:56
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Mardi 10 février 2004
Craquelée par le froid
J'ai le cœur qui craque de tant de stratégies, de tous ces détours nécessaires pour faire bonne figure et ces affrontements comme on marque son territoire
La peau s'enfonce sous les doigts, qui laissent de petites traces blanches, molles, exsangues. Le sang coule, lourd, sombre, sous cette épaisseur de chair, qui étouffe jusqu'au bruit du cœur, des côtes qui grincent et s'entrouvrent à chaque inspiration, comme s'entrouvrent les lèvres sur l'obscurité douce humide. Les doigts se plient et se tordent, nerveux et sans force à la fois. Les mots hésitent et s'interrogent en écho. Le cou se tend, ploie et se déplie, nuque en arrête vive offerte à l'air piquant de froid. Chaque jour un peu plus de lumière, comme pour m'encourager à redevenir.
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le 2004-02-10 09:11:54
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Mardi 10 février 2004
Un lien qu'il est bien
Un site qui compare les façons d'imiter les cris d'animaux, selon la nationalité.
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le 2004-02-10 06:17:23
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Lundi 09 février 2004
Absence, absence de.
Se laisser glisser, doucement, jusqu'à toucher le sol. Oublier de respirer, un instant, et sentir mon cœur incendier ma poitrine.
Je coule, ou me suis laissée couler, jusqu'à terre oui jusqu'au plus bas pour avoir de la marge pour remonter, de nouveau, oui, j'ai besoin de faire un vide pour pouvoir respirer me dire ça ne peut qu'aller mieux, voilà, je me suis laissée couler et me suis roulée en boule sur le sol froid de mon âme de mon cœur ou de cette partie de l'esprit qu'on peut appeler comme ça et qui fait si mal de temps en temps.
J'avais besoin de craquer complètement, de faire céder tous les barrages les garde fous. J'avais besoin de lâcher du lest, lâcher du mou, rompre un moment cette chair molle de l'habitude hébétude confinée abrutie, briser un cycle de tensions nervosité folie. Mais pas envie de voir tes yeux qui me disent je ne comprends pas, j'ai peur, tu vas trop loin, je crois que tu te perds, pas envie de toi qui me dis je préfère m'éloigner, pas envie de faire double peine.
Pas besoin de faire double peine.
Je hais cette partie de moi qui m'incline profondément à la mélancolie, si profondément d'ailleurs qu'à chaque fois je touche terre les deux bras en avant pour ne pas me faire trop mal.
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le 2004-02-09 05:50:51
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Mercredi 04 février 2004
Hurlez d'accord, mais ne faites pas de bruit
Je suis de mauvaise foi, c'est vrai. Ou plutôt je n'ai pas foi. Je suis une mauvaise tête, une tête de mule, mais pas une forte tête. Je suis une boudeuse, une grincheuse, une capricieuse. Le travail en ce moment occupe tout l'espace dans ma tête, tapisse la totalité de mes intestins, noie ma légèreté et stimule mes aspirations les plus viles. Je hais cette entreprise, je n'aime plus ce que je fais, je n'aime plus les gens qui le font avec moi, je ne supporte plus cette froideur policée, cette hypocrisie ambiante qui voudrait recréer une atmosphère conviviale.
Tout sera fini bientôt, dans tous les cas. Sans heurts, sans cris, sans vagues.
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le 2004-02-04 09:39:50
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Mardi 03 février 2004
J'ai besoin de légèreté, mon coeur va éclater d'angoisse et d'attente et d'impatience et de désirs contradictoires. Ces élans me repoussent en moi même, inlassablement, invariablement, comme une marée de sueurs froides.
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le 2004-02-03 12:03:23
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Mardi 03 février 2004
En attendant...
Je passe des heures longues, décentrée, le cœur battant sur un rythme douloureux, à attendre d'advenir.
A attendre que mon sort soit fixé, à me laisser flotter, à manquer de défaillir dès que je jette un œil à mon téléphone.
Loin, le temps aussi de cette attente fébrile pour un garçon... Nostalgie ? Je ne sais pas bien. La douceur de me laisser couler dans des bras rassurants me suffit. Le contact d'une main chaude dans mon dos, dans le fouillis de mes cheveux...
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le 2004-02-03 10:39:48
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Lundi 02 février 2004
Bien naïve je suis
Je passe la journée au bord des nerfs, entre l'attente anxieuse d'une réponse positive pour ce poste que-je-veux, et la colère, la frustration, le dépit, la déception et plus et encore de voir l'ingratitude de mon environnement actuel.
Moi pleine de mes idéaux bravaches et mal dégrossis, j'imaginais le fair play, le respect mutuel et l'empathie dans ces relations professionnelles, puisqu'elles ne sont que ça, professionnelles. Et puis non, en fait, même à mon niveau de larbin je suis useable, essorable. Mes efforts et mon dévouement à la cause, ma fatigue de ces mois sans vacances, tout ça n'est qu'une petite gêne, vaguement désagréable, dont il vaut mieux par dignité et sens des convenances ne pas parler ouvertement.
Et je serai bien aimable de me taire, et de rendre encore quelques services urgents et de dernière minute. Mais surtout de me taire, voyons. La grève perlée me fait les yeux doux, je me sens une âme de fonctionnaire, et puis non, évidemment, je n'arrive pas à mal faire ces choses à la fois stupides et essentielles (qui me nourrissent, cependant). J'ai la gorge coincée de revoir leur air pincé, vaguement ennuyé mais tellement indifférent.
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le 2004-02-02 10:10:06
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Vendredi 30 janvier 2004
Tout un ciel à mes pieds J'ai un très très beau ciel devant moi, entre nuances de gris et mauve tendre, rose et bleu très doux. Un grand pan de nuage sort de scène doucement, en glissant, comme une aile ou une plume, mais c'est pareil sans doute. Hier des sanglots encore, comme une pluie intérieure qui dénoue un à un les noeuds du coeur et de l'âme. Toute cette douceur, tout ce calme qui coulent autour de moi... Des ruisseaux qui s'écoulent en rivières et font céder, aussi, mes barrages et anciennes blessures. Des flots et des flots de petits riens et agacements, et désirs et fatigue, et envies aussi. Je rêve d'un week end au lit avec la neige qui tombe de l'autre côté du carreau.
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le 2004-01-30 09:24:39
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Vendredi 30 janvier 2004
Mise en forme 2 liens pour une rationalisation de mes archives, par mois (ou par 2 mois), dans la colonne de droite.
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le 2004-01-30 09:19:32
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Jeudi 29 janvier 2004
Une lumière d'hiver
Nouvelle banalité peut être, le temps a sur moi une influence manifeste, précise, concrète. La grande lumière d'aujourd'hui me rend plus légère, plus aérienne, plus lumineuse moi aussi. De ma tour, j'ai une vue superbe que je n'ai jamais regrettée (malgré un vertige latent et sournois, qui me terrasse régulièrement, aux moments les plus imprévisibles). Je vois une dizaine de nuages, même hauteur, même rythme de déplacement, qui traversent ma baie vitrée de gauche à droite. Et cette lumière d'hiver si transparente qui rebondit sur des milliers de façades devant moi.
Une blancheur aveuglante, un air piquant, ou coupant, incisif, qui me ramènent à Barcelone en hiver, et cette qualité d'air, cette épaisseur qui n'appartiennent qu'à elle. J'ai trop de sentiments pour cette ville, je ne m'en remettrai pas, je ne veux pas m'en remettre. Je veux retrouver cette sensation, choisir à chaque pas mon sens et ma direction.
Envie de promenade ou de me pelotonner sous ma couette, fenêtre grande ouverte!
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le 2004-01-29 09:11:12
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Jeudi 29 janvier 2004
De fins cristaux de glace
L'espace entre nous se fige comme pris par le gel, un entrelacs de cristaux de glace, ces fins dessins si parfaits que nous regardions sur ma manche il y a quelques jours à peine. Je m'y vois encore, les deux pieds dans la neige, la tête renversée en arrière et la bouche grande ouverte, je n'y arrive pas, mais si, regarde, il faut les voir tomber ces flocons et fondre en un éclair sur ma langue. Et nos baisers glacés, les câlins de moufles et les yeux qui pétillent dans le froid. La buée s'évapore entre nous, et retombe doucement en petites gouttelettes. Dis moi cette chaleur sourde, la sueur dans mon cou, les cheveux emmêlés. Dis moi juste que ce silence n'est pas une apnée, qu'il reste dans le confort d'un feu de cheminée, mais dis moi qu'il n'est pas de glace ni de gel, ni d'aucune matière qui se brise.
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le 2004-01-29 06:47:00
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Mercredi 28 janvier 2004
Un changement de peau
J'ai mal au cœur, des bleus des meurtrissures. Je déborde de mes coutures, craque et me répands hors de mon cœur, hors de nos bras. Une somme parfois infranchissable de tensions, d'appréhensions, et de cœur en chamade.
Je m'impatiente et désire. Je me fais peur, m'angoisse et me bride. Je veux tout le nouveau, ces détours de vie à la fois doux et brutaux, mais je fais le dos rond, je dois me forcer pour les dire, ces mots de changement. Je veux m'en aller. Je veux partir d'ici. J'ai trouvé mieux ailleurs, et puis vous ne m'offrez plus rien. Des mots de rupture, des mots de conflits, et ailleurs le grand vide, le grand saut, et toutes ces mises en garde, ces avertissements, me croire trop fragile pour me battre ailleurs, sur un terrain que je veux choisir... Je suis moins fatiguée que depuis longtemps, plus alerte et vive, mais le changement de peau est si effrayant encore...
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le 2004-01-28 12:17:55
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Mercredi 28 janvier 2004
Un travail de reconquête, sans doute
C'est une sorte de désert, de retour au vide, au blanc, au grand silence. Ma pensée s'avale à mesure, aucune émotion, aucune sensation, ne s'est laissée filtrer depuis un moment.
Un petit ruisseau de mots continue à couler pourtant, quelque part dans un coin de mon crâne.
Je continue à lire, beaucoup, d'un trait, à me chauffer aux histoires d'amour et de voyages, en attendant en quelque sorte de redevenir vierge.
En attendant, oui, de revenir au silence, à la maison vide, dont les visiteurs ont quitté un à un les pièces abandonnées. Je voulais arrêter de fleurir ces pièces, d'alimenter, maladroitement, un journal qui m'a trop pris, trop demandé et trop donné en même temps.
Je me sentais contrainte, je me sentais forcée et engourdie et malhabile, et finalement pas à ma place, à mesure que l'autre côté de l'écran, la vie réelle, avalait de plus en plus de mon temps, de mon énergie, de mon espace à moi. Je veux revenir aux sensations du début, me sentir libre. Je veux me libérer moi même, à vrai dire, têtue et concentrée, comme avant, regagner le plaisir d'écrire, regagner un espace à moi, repousser ces murs qui m'enferment et les cloisons dans ma tête.
Avoir le droit de dire, avoir le droit pour moi, reconquérir un territoire qui m'a échappé un instant. Je n'ai pas envie d'ouvrir ailleurs (jamais eu envie, d'ailleurs). J'ai mérité cet endroit, j'ai mérité ces silences. Je veux me gagner, moi, tenir à bout de bras ces saluts éphémères.
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le 2004-01-28 09:06:01
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Vendredi 23 janvier 2004
Des nouvelles d'eux
Il a retrouvé du travail (et recommencé lundi). Elle fête aujourd'hui ses 25 ans (propositions de chapeaux, et tout). Ils partent ensemble deux jours à la montagne pour fêter ça.
Elle est heureuse loin de l'écriture, même si ça lui manque. Elle est en train de trouver un travail formidable pour l'après. Leur vie est belle et les rend forts.
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le 2004-01-23 10:39:55
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Vendredi 16 janvier 2004
D'inversion
A tout prendre, je voudrais être et la source et l'embouchure, et les détours de rivière, paresseux et moussus; les courbes où les eaux ralentissent, flânent, s'oublient, un instant avant de repartir, ailleurs, plus loin, plus vives. Je voudrais et t'attendre et te retenir, aller au devant de toi, t'accueillir, t'enlacer, te laisser, te pousser et te prendre à mon tour.
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le 2004-01-16 07:46:58
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Mardi 06 janvier 2004
Les nuits des rois
A quoi jouons nous tous les deux quand le soleil se couche ? Se poursuivre les ombres, s'entrelacer les silences, passer de bouche en bouche les désirs muets. Je deviens, alors que tu t'effaces, et pas de refuge possible pour nos yeux fatigués. Je sais que tu es là, je te devine, d'ici je peux sentir ton odeur. Je suis une carnivore, une dévoreuse, mais pas guerrière vengeresse, non, plutôt comme une pleureuse qui aspire toute vie, qui se remplit de toi, par toi, sans satiété.
Facilement, j'en reviens à me demander ce qui me tient debout. J'en reviens à croire que ce souffle qui nous lie joue à joue est une illusion, est artificiel. Facilement, je retombe dans mes travers, encore, encore, et je me relève, et j'en rêve à pleines nuits, et je voudrais l'écrire mais je ne suis pas sûre de ne pas me complaire à enfiler des mots sur du vide.
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le 2004-01-06 09:18:01
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Mardi 30 décembre 2003
Mes Noëls
C'était bien...
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le 2003-12-30 11:44:26
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Mercredi 24 décembre 2003
Et elle..
Premier Noël de sans famille, et second anniversaire de sans Elle. C'est indécent, obscène, cette vitesse à laquelle nous évoluons tous, ce temps qui file et que je passe à me concentrer, alors qu'une partie de mon temps, celle qui lui appartient, s'est justement arrêté. Nous aurons 15 ans pour toujours, sans doute, et pour toujours nos premières cigarettes et nos premiers baisers. C'est fou, c'est fou, comme la douleur s'adoucit et se fâne, puis se ravive et me fissure, mais surtout s'adoucit. C'est fou, c'est fou, réaliser que je respire toujours, que je suis toujours vive et vivante et bécasse parfois, et sans efforts le plus souvent. C'est fou, c'est fou, comme Noël a une saveur différente, comme nous sommes unis et tous changés, et tous les mêmes.
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le 2003-12-24 09:50:13
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Vendredi 19 décembre 2003
Des maux, des paroles, des maux
Ca n'a aucun intérêt de chercher des raisons de chercher des motifs de trouver des excuses ou justifications de m'inventer un mal imaginaire. (au point où j'en suis, c'est plutôt une foule de maux en équilibre instable) Ca n'a aucun intérêt de me vautrer dans mes souvenirs de continuer à me faire des reproches de m'inventer une genèse, des fautes originelles, une tendance naturelle au vice. (j'ai commencé par écrire au vide) C'est fou comme ce concept de péché pèse sur mes épaules je suis marquée par le péché, par la faute, par la culpabilité naturelle imposée historiquement culturellement. Aujourd'hui, pendant un tiers de mon temps (et l'équilibre pourtant s'est inversé) je m'impose de porter sur mon dos des pierres et des billots qui parfois même n'ont rien à voir avec moi. Alors bon, je jette un cailloux plat je bois un verre je dis "ma vie a changé" je dis que ça va continuer je n'ai pas peur je n'ai pas peur.
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le 2003-12-19 11:10:23
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Vendredi 12 décembre 2003
Pas post Pas le temps, pas envie. Pas trop de gratifications...
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le 2003-12-12 08:42:19
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Jeudi 11 décembre 2003
Le gris
Je voudrais pouvoir prendre en photo ce ciel qui m'écrase, de tout son poids, de toute la hauteur de ma tour. Ces incroyables nuages qui font tomber la nuit comme un sac de ciment, cette humidité monstrueuse qui roule face à moi et cogne à mon carreau. J'ai envie de rentrer pour me glisser au lit.
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le 2003-12-11 10:06:39
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Mardi 09 décembre 2003
Après tout...
Le corps qu'est ce qu'un corps après tout c'est l'interface essentielle entre toi et moi c'est mon rapport au monde c'est ce qui m'est le plus intimement étranger familier le plus loin le plus près saviez vous enfin je m'écoute, et j'entends ce qu'il crie ce qu'il dit ce qu'il fait bien sûr, parfois je me penche un peu trop près, un peu trop avant dans l'auto contemplation d'un moi dubitatif mais ce n'est pas le plus important c'est me débarrasser, enfin, de ces colères de ces rages de ces poisons qui me vrillent et font des nœuds avec mes intestins, jouent aux osselets avec mon squelette, boudent mon plaisir et me rendent grise triste lasse lourde de petites haines stupides faciles à défaut de grands cris salvateurs. Silencieuse et froide comme une maison vide. Et surtout, Friable. C'est exactement ça qui me fait peur. A côté, distancée. Engluée dans le béton le goudron de mes idées noires, impossible de faire un pas de côté sans m'immobiliser davantage, et soudain de plus en plus souvent une sorte de légèreté fond sur ma peau une sorte de chaleur. Une impression de chaleur...
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le 2003-12-09 07:30:54
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Vendredi 05 décembre 2003
Allez zou!
Fin des grands discours. Trois petits mots, trois petits tours, trois petits cailloux blancs, et la boule dans ma tête qui tape tape tape. Je suis particulièrement friable ce soir...
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le 2003-12-05 12:09:43
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Vendredi 05 décembre 2003
Le mien, 3
C'est aussi les odeurs de cuisine. C'est aussi des mots, des histoires de famille, des histoires de cousins, des histoires de filles racontées le soir dans la chambre. C'est aussi des cigarettes fumées en cachette sur le petit chemin de terre derrière la maison. C'est aussi les petits verres de fine bus à la dérobée, les cerises à l'eau de vie qu'on garde longtemps en bouche jusqu'à la brûlure délicieuse. C'est aussi ces repas, interminables et bruyants, les lumières de la maison sur la table en bois lourd, le plafond bas qui se rapproche encore jusqu'à nous enserrer dans un même espace, un même temps, une même chaleur. C'est aussi le froid de la terre, qui colle à nos habits, à nos joues, l'odeur lourde de la rivière proche et des bois et des champs. C'est aussi les montagnes de papiers déchirés au matin, et les petits qui jouent en tas au milieu des paquets. C'est bientôt un beau sapin à deux, décoré précieusement juste pour deux, et le reste à inventer et construire.
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le 2003-12-05 08:56:13
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Mercredi 03 décembre 2003
Le mien, 2

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le 2003-12-03 09:29:12
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Mercredi 03 décembre 2003
Respirer un grand coup
Nouée, ventre et tête, des vrilles de tension qui enlacent dos et crâne. L'estomac qui se serre, toute chair repliée pour faire face aux grands froids, ces grands froids qui m'assaillent comme en terrain conquis. Ce froid qui me mord et me fait transpirer, et mon ventre qui hurle, et mes os qui refusent, En bloc. J'ai besoin de sommeil, j'ai besoin de chaud, de tendre, de paroles apaisantes, j'ai besoin de dormir pour ne plus réflêchir, tourner, reconsidérer, mettre en doute. J'ai besoin de cesser de m'inquiéter pour tout, j'ai besoin de reprendre ma respiration, j'ai besoin de me laisser aller. Allez.
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le 2003-12-03 08:30:08
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Mardi 02 décembre 2003
Le mien, 1
Un sapin, un gros sapin boule avec des petites aiguilles qui piquent un peu quand on s'approche trop près, pour accrocher une boule par exemple, et l'odeur de sapin qui remplit la maison, et la résine qui colle un peu les doigts et fait des traces quand je les essuie sur mon pull, et des petits bouts de laine qui se collent aussi sur mes doigts, et l'odeur toujours, forte et verte et drue, une odeur de feu de bois mêlée, de chaleur, une odeur de cuisine et de livres qu’on raconte ensemble, les petits sur les genoux des grands qui eux aussi ont les joues qui rougissent de chaleur, de douceur et de lumière.
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le 2003-12-02 10:29:38
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Lundi 01 décembre 2003
Laisser passer
Je suis une moitié, une demie, une pelure d'orange qui se déroule sur du vide. Ou sur une absence de. Je m'ennuie en profondeur en attendant de faire mieux. Je regarde le ciel changer par ma fenêtre, toute cette étendue juste pour moi. Nez contre vitre, au bord du vertige. Et tout un ciel qui défile devant moi, plus d'espace que je n'en ai jamais vu - ou presque, plus de ciel, plus de gris, plus de bâtiments à perte de vue. Et là haut, dans mon crâne, ces idées qui tournent et tapent et cognent, les mots sans suite sans forme sans réserve ni pudeur ni maîtrise, des bouts de phrases excuses interjections, déjections vraiment, qui se heurtent et animées d'une vie propre forcent le passage vers une sortie, un but, des mots articulés que je veux retenir. Non je ne suis pas folle, je ne cède pas un pouce, je veux tout retenir à l'intérieur de moi, mais parfois, n'est ce pas, c'est impossible.
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le 2003-12-01 09:45:47
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Vendredi 28 novembre 2003
Manèges
Délicieux comme un bonbon, un baiser, une gorgée d'orangeade. Frais comme tes lèvres à mon cou, comme le goût de ta langue, comme le goût de ma peau, comme un regard qui pétille en attendant d'en savoir davantage. Sûr de sa victoire, comme un enfant ou un prince, sûr de son pouvoir sur mon cœur, tout un empire offert sans une seule parole échangée. Un goût de liqueur dans la gorge, une tendresse pour le sucre qui perle à mon verre, une affection précise pour ce vin blanc et doux. Un tourment étrange comme l'ivresse, qui sans cesse me ramène à toi, et sans cesse mes pensées s'allègent, caresses, manège, vers nos lieux enchantés.
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le 2003-11-28 05:35:44
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Jeudi 27 novembre 2003
Veille
A force de ne rien dire, je m'enfonce dans une brume de sommeil.
Un état de demi veille, absence à demi, demi moi, demi rien.
Si petite, discrète, presque transparente. Vous ne m'avez pas vue, pas entendue, rien qu'apperçu très vite et sans y prendre garde. Je suis à moitié dans vos songes, à moitié dans un souffle tout contre vos nuques. Une respiration, un battement de cil, le froissé des cheveux qui déplacent l'air en se balançant.
Ou une pause entre deux silences, un halètement soudain, une brume sur le front et l'esprit tourbillonne. Un elfe - ou non, je suis trop humaine. Une ombre entre deux soupirs, entre deux corps, un filet moite et chaud. Entre les murailles, les fossés de vos yeux, une sombre gymnastique, une évasion sans succès.
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le 2003-11-27 05:21:31
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Lundi 24 novembre 2003
Ce que j'ai trouvé chez une autre, qui, par ricochet, me bouleverse
Ma culpabilité est ma meilleure amie. La plus fidèle, la plus familière, la plus intime aussi puisqu'à présent, je sais qu'elle est entrée dans mon corps, qu'elle joue avec mes muscles et mes os, qu'elle épouse mon squelette et tord mon ventre. Je le sais bien. Et je ne peux pas encore jeter mes cailloux, j'ai trop peur d'abîmer mon ossature, je ne sais pas si j'arriverai à marcher sans ce poids qui, curieusement, m'équilibre.
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le 2003-11-24 12:13:36
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Lundi 24 novembre 2003
Rafraîchi
Plus de pubs... Finalement je m'installe, je vais peut être rester plus longtemps que ce que l'apathie de ces dernières semaines me laissaient penser.
Pour encore moins de publicités, vous pouvez changer le lien delautrecotedelecran.fr.st par celui ci : delautrecotedelecran.monblogue.com
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le 2003-11-24 08:42:47
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Vendredi 21 novembre 2003
Mon étrange alchimie
Donnez moi du sang, de la sueur et des larmes. Donnez moi du vivant de l'action du senti De la douceur, du sucre de fruits, du miel des écorces d'orange Des gourmandises, et l'amertume qui relève le goût, exacerbe le plaisir, fait durer l'extase. Des parfums et des huiles pour polir et lisser un corps fatigué. Redonner des contours. Façonner, rendre les couleurs et relancer le sang. Des embruns, des envies. Des voyages. Une terre d'accueil, un ancrage. Autre chose, et surtout, autre part.
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le 2003-11-21 11:49:55
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Jeudi 20 novembre 2003
Arrière, cours
Je transforme en plomb ce qui sort de ma bouche, en acier trempé pointu et froid comme la peur, comme la méfiance et les idées noires. J'alourdis, j'empèse, je détourne ce qui devrait juste être rassurant et tendre et positif. Encore une fois, c'est trop tard pour l'écrire, le mal est fait, je n'en peux plus d'être aussi désolée, toujours désolée, j'essaie de rattraper mais c'est si volatile ! Je suis un poids au lieu d'alléger, de simplifier, de consoler et conforter. J'ai l'impression de m'être condamnée aux regrets, au silence, à l'incapacité de dire des mots doux et tendres. J'ai l'impression de tourner en rond en abîmant tout autour de moi, un cercle infini de reproches et regrets et mots durs. Pardonne moi, j'ai confiance en toi, mais je ne sais pas comment bien faire pour te soutenir et te rassurer et t'aider à avancer. Je me sens misérable quand je te blesse. Je n'existe plus quand je te fais mal.
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le 2003-11-20 06:26:49
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Mercredi 19 novembre 2003
L'arrière cour
Des regrets, des images, à mon âge... De la peau tendue sur des os qui se réveillent à moi sortent du silence pour crisser doucement, geindre comme les cordages d'un bateau ou les rouages d'une machine inquiète De la peau tendue sur une chair pleine à craquer, enflée, qui luit doucement, renvoie une lumière souple et mouvante comme l'éclat d'un œil ou la courbe d'une chevelure De la peau en écho à ces mots, en écho à ses mains De la chair viande ou friandise, comestible absolument moelleuse ou mince et fine ou dure, froide, épineuse, rigide, tendue Des pleins et déliés pour capter et combler Des pôles d'attraction en creux Rassasier Alimenter Nourrir Remplir Boucher Je suis aussi vide qu'une plume et légère comme un courant d'air, pleine d'idées fumeuses et d'éclats de verre fumé, ronde et creuse comme une bulle de savon, le crâne lourd pourtant.
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le 2003-11-19 08:49:46
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Mardi 18 novembre 2003
L'arrière cour du monde merveilleux
Doucement, mais sûrement, reviennent l'envie, et le goût de la musique. J'ai décidé de combattre pied à pied la fatigue de mon corps, mon dos tordu et contrarié, et d'allonger mes journées. Profiter, à la lueur des bougies, d'un bon vin, de bons livres, et de la perspective que tout s'éclaire à son heure. Pourquoi ai je tant de mal avec la simplicité ? Pourquoi m'inventer ces histoires et ces drames ?
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le 2003-11-18 12:16:22
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